Certains dénoncent régulièrement l’existence d’une justice à 2 vitesses. Désormais on peut se demander avec l’affaire DSK s’il n’existe pas avant tout une présomption d’innocence à 2 vitesses, voire au point mort.
L’information avait de quoi faire sourire et désarçonner lorsque je l’ai découverte, peu avant 1h ce matin, sur Twitter grâce à Arnaud Thurudev :
arnaud_thurudev12:57am via TweetDeck Ouh la ! RT @NewYorkPost: BREAKING! IMF boss Dominique Strauss-Khan arrested in sodomy investigation http://nyp.st/k4YAqC
Depuis, l’avalanche de tweets et de statuts plus potaches les uns que les autres sur Facebook déclenchent inévitablement des fous-rire :
« Pour les préliminaires du PS, les dés sont pipés maintenant »
« Sexe et grosses bagnoles : après l’inculpation de DSK pour tentative de viol et l’histoire de la Porsche, Snoop Dogg annonce sa candidature aux primaires du PS »
« On me souffle dans l’oreillette que DSK pourrait rebaptiser le FMI, Fuck Me I’m famous »
…
Les médias sociaux ont une fois de plus permis à l’information de se répandre comme une traînée de poudre et d’inciter tout le monde à y aller de son avis, son commentaire plus ou moins sérieux, sa petite blague.
Pendant ce temps-là que se passe-t-il dans les médias traditionnels ? Pas mieux !
C’est la triple consternation ! Des élus de tous bords consternés et consternants qui se répandent dans des éditions spéciales pas moins consternantes.
Aussi bien à gauche avec Ségolène Royal et François Hollande, candidats déclarés à la primaire socialiste, qui ont invité au respect et à la prudence. La présidente de Poitou-Charente a commenté avec mesure sur Europe 1 « une nouvelle bouleversante à propos de laquelle tout reste à vérifier ». »Il faut faire très attention. (…) Il faut se garder de toute conclusion prématurée », a dit le député de Corrèze sur Canal+.
Mais également à droite avec le secrétaire d’Etat au Commerce extérieur, Pierre Lellouche, qui a dit sur i-télé qu’il fallait « accorder à Dominique Strauss-Kahn la présomption d’innocence, laisser se dérouler la procédure ».
Il faut « être d’une extraordinaire prudence dans l’expression, dans l’analyse, dans les commentaires et dans les conséquences », a dit enfin le porte-parole du gouvernement, François Baroin, sur France 2. « La position du gouvernement français respecte deux principes simples : celui d’une procédure judiciaire en cours sous l’autorité de la justice américaine (…) et puis le respect de la présomption d’innocence », a-t-il déclaré.
Mais de quelle retenue parle-t-on ?
Celle qui consiste à faire des éditions spéciales ? A tendre le micro à toute la classe politique de gauche à droite et du Nord au Sud sur ce sujet ? Ou cette même classe politique qui se bouscule devant ces micros pour tirer des conclusions hâtives ou se draper dans la morale de la présomption d’innocence ?
La présomption d’innocence ? On observe surtout ces dernières heures, il me semble, qu’il existe bel et bien une présomption d’innocence à 2 vitesses ! Celle que l’on accorde, légitimement, à DSK et celle sur laquelle la politique et les médias s’asseyent si souvent sans le moindre scrupule lorsqu’il s’agit d’anonymes, de personnes moins influentes ou de personnalités qui font l’unanimité contre elles. Celles et ceux qui ont eu le malheur d’être traînés dans la boue et jetés en pâture à la vindicte populaire sur de simples rumeurs ou des mensonges puants peuvent en témoigner.
A ce propos, l’été dernier, Dominique Baudis appelait au respect de la présomption d’innocence, indigné par le tour pris par l’affaire Woerth-Bettencourt. Dominique Baudis dont la propre innocence a été reconnue et la présomption bafouée dans le sordide dossier Patrick Alègre à Toulouse il y a près de 10 ans déjà. Que les politiques et les médias ont la mémoire courte !
Une certitude, hélas, le temps médiatique ne sera jamais celui de la justice. Mais la question de la présomption d’innocence dans les médias reste entière.









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C’est certainement vrai.
Mais le cas de DSK se complique dans la mesure où ça se passe aux USA. En France on n’expose pas les personne arrêtées d’une manière aussi brutale. La présomption d’innocence
n’est pas respectée là non plus parce que justement il s’agit d’une personnalité.