Le baromètre La Croix/TNS Sofres vient de mesurer cette année encore la défiance des Français à l’égard des médias.
Pas qu’ils ne les aiment pas, bien au contraire. Plus de 2 Français sur 3 suivent l’actualité avec grand intérêt mais avec une grande méfiance vis-à-vis des journalistes.
Avec seulement 57% des sondés qui lui font confiance, la radio reste, heureusement pour mon plus grand plaisir, première au classement des médias, malgré une baisse de trois points.
Elle devance toujours la presse écrite (49%, en baisse de 6 points), la télévision (46%, -2 points) et Internet (35%), qui reste stable par rapport à 2009.
Mais pour 40% des Français, la qualité des médias s’est surtout détériorée depuis dix ans.
Pourtant ce n’est pas faute d’avoir fait du journalisme d’investigation, comme dans l’affaire Bettencourt. Oui mais voilà, 80% des Français estiment que les médias ont été trop bavards.
Bon l’affaire Woerth alors, où là aussi la presse a joué son rôle de contre-pouvoir. Oui mais trop c’est trop, 59% des Français jugent qu’elle a été surmédiatisée. Et le naufrage des footballeurs de l’équipe de France ? Ca c’était de l’actu coco, du popu et en direct en plus. Oui, sauf que 79% trouvent que le bruit était bien trop supérieur aux faits.
Je vous le dis, le public aime vraiment les médias et du coup il ne se prive pas de les châtier de plus en plus volontiers au fil des ans.
Hélas la surdité de nos amis journalistes à ces critiques de la part de leurs lecteurs, leurs auditeurs et leurs téléspectateurs est de plus en plus préoccupante pour le journalisme lui-même.
Car on en est au point où les Français doutent carrément de l’indépendance des journalistes et leur reprochent leur goût pour le spectaculaire d’après les résultats de ce nouveau baromètre.
Mais tout bon journaliste qui se respecte vous dira que c’est d’abord de leur faute à eux, na ! Eux pour qui l’on écrit, l’on cause et l’on tourne des images. Ce sont eux qui font les audiences, font et défont les carrières de leurs humbles serviteurs de l’info. Eux, enfin, lui, le public, qui veut du sensationnel, comme un vautour attend la mort pour se repaître.
Et ce ne sont pas les cadavres et autres carcasses qui ont manqué dans l’actualité en 2010.
L’année a en effet été riche d’événements plus ou moins dramatiques, plus ou moins historiques et surtout plus ou moins concernants que les médias ont relayés avec de ce fait plus ou moins d’appétit.
Comme le dit si bien Emmanuelle Giuliani qui signe le commentaire de ce sondage annuel : « À l’heure où des gouvernements autoritaires sont secoués par les peuples réclamant, entre autres, une presse libre, ces résultats sont d’autant plus précieux et renvoient chaque média et chaque professionnel à ses choix, ses méthodes, son éthique. »
« Le corollaire de cette confiance rétive n’est peut-être, finalement, qu’une demande stimulante adressée à la presse écrite ou audiovisuelle. Pourquoi, s’interrogent les personnes sondées, s’épuiser autour de l’affaire Bettencourt ou des misères et manquements des Bleus en Afrique du Sud quand tant de questions fondamentales sont, selon elles, sous-représentées et insuffisamment expliquées, analysées ? »
Tout est dit.
Car n’oublions jamais que quoiqu’on écrive, quoiqu’on dise et quoiqu’on fasse, les vautours, eux, attendront toujours. (lacroix.fr)








Jacques
Médias trop bavards, surmédiatisation de certains événements, recherche du scoop à tout prix, informations répétitives jusqu’au harcèlement (intellectuel) sont certainement la cause d’un ras le bol visà vis des journalistes.